Retraites 2010 : comprendre les enjeux de la réforme
Dernière mise à jour le 15 juin 2010
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Les entreprises adaptées, les centres de distribution de travail à domicile (CDTD) et les aides aux employeurs

Synthèse

Une entreprise adaptée (anciennement « atelier protégé ») ou un centre de distribution de travail à domicile (CDTD) est une entreprise du milieu ordinaire du travail employant au moins 80 % de travailleurs handicapés, lesquels peuvent ainsi exercer une activité professionnelle dans des conditions adaptées à leurs possibilités.
Ces structures bénéficient d’aides de l’Etat ; elles doivent permettre une insertion et une promotion professionnelles tenant compte du handicap du travailleur. Elles peuvent servir de tremplin vers des emplois dans des entreprises non adaptées du marché du travail.

Selon les nécessités de leur production, les entreprises adaptées et les CDTD peuvent embaucher des salariés valides dans la limite de 20 % de leurs effectifs.

A savoir

Les entreprises du « milieu ordinaire » de travail qui recrutent une personne handicapée sortant d’une entreprise adaptée ou d’un ESAT peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une aide spécifique de l’AGEFIPH

Sommaire

Fiche détaillée

Qui peut travailler en entreprise adaptée ou en CDTD ?

Les entreprises adaptées et les CDTD ne peuvent embaucher que des travailleurs handicapés orientés vers le marché du travail par la « Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées » (CDAPH). En fonction des nécessités de leur production, ils peuvent recruter des salariés « valides », dans la limite de 20 % de leur effectif. Leur objet est de permettre à des travailleurs handicapés à efficience réduite d’exercer une activité professionnelle salariée dans des conditions adaptées à leurs possibilités, de favoriser leur projet professionnel en vue de leur valorisation, de leur promotion et de leur mobilité au sein de la structure elle-même ou vers d’autres entreprises

Quel est le statut du travailleur handicapé en entreprise adaptée ou en CDTD ?

C’est un salarié possédant un statut de droit commun avec un contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée. Il possède tous les droits des salariés et bénéficie de la Sécurité sociale. L’entreprise adaptée ou le centre de distribution de travail à domicile est considéré comme employeur.

Quelle est la rémunération du travailleur handicapé en entreprise adaptée ou en CDTD ?

Le travailleur handicapé en entreprise adaptée reçoit un salaire fixé compte tenu de l’emploi qu’il occupe et de sa qualification par référence aux dispositions réglementaires ou conventionnelles applicables dans la branche d’activité. Ce salaire ne peut être inférieur au SMIC.

Sous certaines conditions, l’entreprise adaptée ou le CDTD perçoit, pour chaque travailleur handicapé orienté vers le marché du travail par la CDAPH qu’ils emploient, une aide au poste forfaitaire, versée par l’Etat (voir ci-dessous).

Comment un travailleur handicapé en entreprise adaptée ou en CDTD peut-il accéder à un emploi dans une entreprise ordinaire ?

Plusieurs dispositions sont prévues afin de faciliter le passage de l’entreprise adaptée ou du CDTD vers une entreprise non adaptée du marché du travail.

Priorité d’embauche

Le salarié handicapé qui a démissionné d’une entreprise adaptée ou d’un centre de distribution de travail à domicile pour travailler dans une entreprise non adaptée bénéficie, dans le délai d’un an à compter de la rupture de son contrat, d’une priorité d’embauche s’il manifeste le souhait de réintégrer l’entreprise adaptée ou le CDTD. Dans ce cas, l’entreprise adaptée ou le CDTD l’informe de tout emploi disponible compatible avec sa qualification.

Mise à disposition

Les travailleurs handicapés employés dans une entreprise adaptée peuvent, avec leur accord et en vue d’une embauche éventuelle (et uniquement dans ce but), être mis à la disposition d’un autre employeur. Ils continuent à ouvrir droit, pour l’entreprise adaptée, à l’aide au poste et à la subvention spécifique (voir ci-dessous). Les travailleurs handicapés, à efficience réduite, embauchés pour les remplacer peuvent ouvrir droit à l’aide au poste, dans la limite du nombre d’aides au poste fixé par avenant financier.
Cette mise à disposition ne peut intervenir que dans le respect des règles suivantes :

  • des contrats écrits doivent être conclus entre l’organisme gestionnaire de l’entreprise adaptée et, d’une part, l’employeur utilisateur, d’autre part, le travailleur handicapé ;
  • ces contrats fixent les conditions de la mise à disposition ; ils sont passés pour une durée maximale d’un an renouvelable une fois. Ils sont soumis au visa de l’inspecteur du travail ;
  • le contrat liant l’organisme gestionnaire à l’employeur utilisateur doit préciser notamment :
    • le nombre de travailleurs demandés, les qualifications professionnelles requises, le lieu, l’horaire et les caractéristiques particulières des travaux à accomplir ;
    • la nature des travaux incompatibles avec certains types de handicaps ;
    • les modalités de rémunération de la prestation de service ;
    • les conditions d’une offre d’embauche.
  • le contrat liant l’organisme gestionnaire de l’entreprise adaptée avec le travailleur handicapé doit préciser notamment :
    • la qualification professionnelle du salarié ;
    • la nature, le lieu, l’horaire et les caractéristiques particulières du travail à accomplir ;
    • les éléments et les modalités de paiement de la rémunération due au salarié ;
    • les conditions d’une offre d’embauche.
Le comité d’entreprise de l’entreprise utilisatrice et celui de l’entreprise adaptée ou à défaut les délégués du personnel sont consultés sur ces contrats.

Qui peut créer une entreprise adaptée ou un CDTD ?

Les entreprises adaptées et les centres de distribution de travail à domicile peuvent être créés par les collectivités ou organismes publics ou privés et notamment par des sociétés commerciales. Pour ces dernières, ils sont obligatoirement constitués en personnes morales distinctes de celle qui a présidé à leur création. Ils doivent passer avec le préfet de région, un contrat d’objectifs triennal valant agrément, dont le contenu est fixé par l’article R. 5213-66 du code du travail.

Au moins chaque année, un avenant financier, faisant état de l’avancement de la réalisation des objectifs du contrat triennal, actualise les données relatives à la situation de l’entreprise adaptée ou du centre de distribution de travail à domicile et fixe le nombre et le montant des aides au poste versées par l’Etat (sur ces aides, voir ci-dessous).

Comment fonctionne une entreprise adaptée ou un CDTD ?

L’entreprise adaptée et le CDTD sont soumis aux dispositions du code du travail ; ils bénéficient à ce titre, de l’ensemble des dispositifs destinés aux entreprises et à leurs salariés. Le bénéfice de ces dispositifs ne peut toutefois se cumuler, pour un même poste, avec l’aide au poste versée par l’Etat (voir ci-dessous), ni avec aucune aide spécifique portant sur le même objet.

Les organismes gestionnaires des entreprises adaptées et des centres de distribution de travail à domicile sont tenus de se soumettre au contrôle des agents des services du travail et de l’emploi. Ceux-ci pourront se faire présenter tous les documents relatifs à la gestion, et notamment les livres et registres dont la tenue est prescrite aux employeurs par les lois et règlements.

Chaque entreprise adaptée ou CDTD :

  • doit être placé sous l’autorité d’un responsable, sans préjudice des responsabilités incombant à l’organisme gestionnaire. Quand une section d’entreprise adaptée est annexée à un établissement ou service d’aide par le travail, elle peut être placée sous l’autorité du même responsable ;
  • fait l’objet d’une comptabilité distincte, qui est tenue conformément aux prescriptions du plan comptable général.
L’entreprise adaptée doit disposer de ses propres locaux. Si plusieurs activités sont organisées dans le même ensemble immobilier, l’entreprise adaptée doit pouvoir être distinguée des autres activités.

Quelles sont les aides spécifiques qui peuvent être versées aux entreprises adaptées et aux CDTD ?

Les entreprises adaptées et les CDTD qui ont conclu un contrat d’objectifs triennal avec le préfet de région peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d’une subvention spécifique et d’une aide au poste.

La subvention spécifique

Compte tenu des surcoûts générés par l’emploi très majoritaire de personnes handicapées à efficience réduite, les entreprises adaptées et les CDTD perçoivent une subvention, également destinée à permettre un suivi social ainsi qu’une formation spécifique de la personne handicapée à son poste de travail.

Cette subvention spécifique, versée par l’Etat, est composée :

  • d’une partie forfaitaire, dont le montant est fixé à 900 euros par travailleur handicapé ;
  • et, le cas échéant, de deux parties variables qui peuvent venir majorer la partie forfaitaire : la première de ces parties variables est attribuée en fonction de critères de modernisation économique et sociale ; la seconde est destinée à soutenir les projets liés au développement ou au redressement de l’entreprise adaptée ou du CDTD (développement du processus de production, de la politique commerciale, amélioration de l’organisation et de la gestion des ressources humaines, mise en place d’actions de formation et de suivi social des travailleurs handicapés).

    Au titre des critères de modernisation économique et sociale, le préfet de région prend en compte les efforts faits par l’organisme gestionnaire de l’entreprise adaptée ou du CDTD en matière :
  • de développement économique et de modernisation des outils de production de la structure ;
  • de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés vieillissants ;
  • de mobilité professionnelle vers les autres emplois du marché du travail.
    La partie variable de la subvention, attribuée en tenant compte de ces efforts, vient majorer la partie forfaitaire de la subvention (900 euros par travailleur handicapé) dans les conditions suivantes :
  • la majoration pour le développement économique de la structure est d’un montant égal à 40 % de la dotation aux amortissements par travailleur handicapé, après diminution de celle-ci de 150 euros par travailleur handicapé, sans que cette majoration puisse excéder 1 100 euros par travailleur handicapé ;
  • la majoration pour le maintien dans l’emploi des travailleurs vieillissants est de 600 euros par travailleur handicapé âgé de 50 à 55 ans révolus et de 1 060 euros par travailleur handicapé de 56 ans et plus ;
  • la majoration pour mobilité professionnelle par l’accession des travailleurs handicapés à d’autres emplois du marché du travail est de 4 600 euros par travailleur handicapé concerné.
Pendant les deux premières années civiles de fonctionnement, une aide au démarrage se substitue à la subvention spécifique, si elle excède le montant cumulé de la partie forfaitaire et de la partie variable attribuée en fonction des critères de modernisation économique et sociale. Le montant de cette aide au démarrage est fixé à 4 600 euros par emploi de travailleur handicapé créé, sans que le total de l’aide ne puisse excéder 92 000 euros.

L’aide au conseil pour la création ou l’extension peut aller jusqu’à 70% du montant dans la limite de 15 268 euros.

L’aide forfaitaire au poste

Ouvrent droit à cette aide, dans la limite du nombre d’aides au poste fixé dans l’avenant financier annuel au contrat triennal passé avec le préfet de Région, les personnes handicapées à efficience réduite recrutées, sur proposition du service public de l’emploi ou d’un organisme de placement spécialisé, par les entreprises adaptées et CDTD.
Les personnes handicapées qui ne sont pas recrutées sur proposition du service public de l’emploi ou d’un organisme de placement spécialisé n’ouvrent droit à l’aide au poste que si elles remplissent les critères d’efficience réduite fixés par l’arrêté du 13 février 2006.

Le montant de l’aide au poste est égal à 80 % du salaire minimum de croissance brut correspondant à la durée collective du travail applicable ou à la durée du travail inscrite au contrat en cas de travail à temps partiel, dans la limite de la durée légale du travail. L’aide est versée mensuellement.
L’aide au poste est réduite au prorata du temps de travail effectif ou assimilé. Sont considérés comme du temps de travail effectif, quand ils sont rémunérés, les trois premiers jours d’absence justifiée par l’incapacité résultant de maladie ou d’accident.
Une aide au poste minorée est versée à l’entreprise adaptée ou au CDTD lorsque l’employeur est tenu, en application de dispositions légales ou conventionnelles, de maintenir la rémunération pendant les périodes donnant lieu au versement de l’indemnité journalière d’assurance maladie prévue à l’article L. 321-1 du code de la sécurité sociale. Son montant est calculé dans les conditions prévues ci-dessus, sur la base de 30 % du salaire horaire minimum de croissance brut. Lorsque l’absence ne recouvre pas un mois civil entier, l’aide est réduite au prorata du nombre d’indemnités journalières versées. Pour plus de précisions sur les modalités de mise en œuvre de maintien partiel de l’aide au poste, on pourra se reporter à la circulaire DGEFP n° 39 du 1er octobre 2009 citée en référence.

La circulaire du 1er octobre 2009 mentionnée ci-dessus apporte également des précisions sur :

  • l’articulation de l’aide au poste et l’indemnisation du chômage partiel ;
  • l’exonération des entreprises adaptées, du versement transport, de la contribution FNAL et de la contribution solidarité-autonomie.
Qui contacter ?
  • Pour une décision d’orientation : la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).
  • Pour créer une entreprise adaptée ou un CDTD : le service concerné de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi » (Direccte)
  • la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP).
© Ministère du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville

Ces fiches pratiques donnent une information synthétique. Les informations fournies n’ont pas de valeur légale ou réglementaire.

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